Négationnisme

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Le négationnisme (auquel il est parfois fait référence en tant que révisionnisme) consiste en un déni de faits historiques, malgré la présence de preuves flagrantes rapportées par les historiens, et ce à des fins racistes ou politiques.

Le terme est créé en 1987 par l'historien Henry Rousso pour désigner la négation de la Shoah, et y est souvent associé, mais est également utilisé pour désigner la négation du génocide arménien ainsi que d'autres faits historiques.

Le négationnisme (principalement en tant que négation de la Shoah) fait partie des thèmes centraux de la dissidence. Ainsi, Robert Faurisson et Vincent Reynouard sont tous deux de fervents militants négationnistes. D'autres dissidents font également preuve d'un intérêt, quoique moins majeur que Faurisson et Reynouard, pour le négationnisme, comme Alain Soral, Dieudonné, Paul-Eric Blanrue ou Daniel Conversano.

En 2018, la condamnation d'Henry de Lesquen pour contestation de crimes contre l'humanité a été confirmée en appel[1].

Alain Soral et le négationnisme[modifier]

Dans son entretien du mois de janvier 2012, Alain Soral prétend que le doublement de la population juive en France de 1939 à 2012 serait contradictoire avec la Shoah, ignorant ainsi l'immigration juive nord-africaine suivant l'indépendance des pays nord-africains anciennement colonisés.

Lors de son entretien du mois de juin 2012, Alain Soral fait plusieurs assertions négationnistes en réagissant à une polémique sur une non-visite de l'équipe française de football à Auschwitz. À propos du nombre de victimes juives au camp d'Auschwitz-II, il dit "pour que les six millions soient un chiffre possible, quatre millions et demi d’êtres humains sont morts, en moins de deux ans", mélangeant ainsi le chiffre de quatre millions de morts au total à Auschwitz-II estimé par les autorités soviétiques et polonaises (estimation aujourd'hui abandonnée au sein de l'historiographie polonaise et post-soviétique) avec le nombre de morts juifs à Auschwitz-II. Dans cette affirmation, il se trompe également sur la durée des assassinats par gazage à Auschwitz, qui ont duré 3 ans. Soral illustre par ailleurs son propos par une photographie d'une chambre à gaz d'Auschwitz-I. Il ironise ensuite en disant qu'il serait dangereux pour la santé de visiter les chambres à gaz à homicide d'Auschwitz, prétendument "saturées de restes de gaz" et insinuant ainsi qu'il n'y aurait en réalité pas eu de gazages. Pourtant, l'acide cyanhydrique dégagé par le Zyklon B, utilisé par les nazis dans leurs centres d'extermination, est un gaz extrêmement volatile facile à évacuer, et les chambres à gaz étaient ventilées après chaque gazage. Reprenant un argument de Robert Faurisson, il évoque ensuite une porte avec un carreau en verre présente à Auschwitz-I qu'il prétend "d'époque" et dit qu'il aurait suffi de casser ce carreau pour se sauver : en réalité, cette porte sépare une salle d'exposition des corps d'une salle de lavages et n'a jamais fait partie de la chambre à gaz du crématoire d'Auschwitz-I.[2]

Étienne Chouard et le négationnisme[modifier]

Le 10 juin 2019, lors d'une interview pour Le Média, Denis Robert demande à Étienne Chouard s'il émet des doutes sur l'existence des chambres à gaz homicides. Chouard répond qu'il n'"y connaît rien". Il trouve "déconnant" que l'on demande aux gens d'être "sûrs" de l'existence des chambres à gaz homicides sans qu'ils ne soient informés. Cela lui rappelle le "crime de pensée" conceptualisé dans le roman 1984 de George Orwell. Pour lui, le meilleur moyen de lutter contre le négationnisme serait de laisser les négationnistes s'exprimer afin de pouvoir démonter leur argumentaire. Denis Robert répète à plusieurs reprises lors de l'entretien ne pas considérer Chouard comme raciste, antisémite ou négationniste,[3] cependant, après cette interview, Chouard fait face à des accusations d'antisémitisme et de négationnisme. L'Union des étudiants juifs de France et la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme annoncent leur intention de porter plainte. Le député François Ruffin, qui avait par le passé apporté son soutien à Étienne Chouard, le désavoue et qualifie sa sortie de "pure connerie".[4]

Le 12 juin, Étienne Chouard s'exprime sur son blogue pour dire qu'il n'est ni négationniste ni antisémite, et estime que l'on aurait déformé et "monté en épingle" ses propos. Il s'estime victime d'un "lynchage médiatique" pour des "maladresses" et dit qu'il devrait finalement simplement refuser de s'exprimer sur les sujets de l'antisémitisme et du négationnisme qui serviraient selon lui principalement aux "puissants" à "museler leurs opposants politiques".[5]

Le 13 juin, dans son émission Y a du peuple, Seul contre tous, Étienne Chouard s'exprime sur cette interview et désavoue ses propos en disant qu'il n'y a en fait pas besoin de lire sur la Shoah pour pouvoir en admettre l'existence. Il réitère cependant qu'il faudrait laisser les négationnistes développer leur argumentaire pour pouvoir les contrer.[6]

Daniel Conversano et le négationnisme[modifier]

En avril 2020, lors d'un live, Daniel Conversano annonce avoir des doutes quant à ses convictions négationnistes. Il dit avoir commencé à douter de la non-existence de la Shoah en se rendant compte d'affirmations pseudoscientifiques de Vincent Reynouard.[7]

Références[modifier]