Élection présidentielle de 2007

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Fichier:Affiches de l'élection présidentielle de 2007.jpg
Affiches des candidats à l'élection présidentielle de 2007.

L'élection présidentielle française de 2007 est la neuvième élection présidentielle de la Ve République, et la neuvième au suffrage universel direct. Elle s'est tenue le 22 avril 2007 (premier tour) puis le 6 mai 2007 (second tour).

L'élection est remportée par Nicolas Sarkozy, qui obtient 53,05% des suffrages au second tour face à Ségolène Royal.

Lors de cette élection, le candidat favori de la dissidence est Jean-Marie Le Pen, dont l'équipe de campagne compte d'ailleurs Alain Soral. Dieudonné tente aussi un instant de se présenter.

Dieudonné et l'élection présidentielle de 2007[modifier]

En décembre 2005, Dieudonné annonce sa candidature à l'élection présidentielle française de 2007 lors d'une représentation de son spectacle 1905.[1] Il reçoit le soutien de Ginette Skandrani[2] et Marc George est son directeur de campagne.

En janvier 2006, Dieudonné fait un meeting dans lequel il se compare à Hugo Chávez, qu'il érige en modèle (et qu'il rencontre d'ailleurs en Syrie durant sa campagne). Il s'exprime contre "la menace néoconservatrice, cette idéologie néolibérale et belliciste, antisociale et réactionnaire", qui s'incarnerait selon lui en Nicolas Sarkozy, qui "prône le démantèlement de l'Etat, le règne absolu du libéralisme, le communautarisme, la révision du code du travail [...] la modification de la loi de 1905 sur la laïcité", ainsi que dans le Parti socialiste, qui pour lui "s'aligne progressivement sur cette ligne". Il défend aussi le régime de Mahmoud Ahmadinejad. Il reste flou quant à son programme mais promet une "République nouvelle, qui donne sens et crédibilité au triptyque Liberté, Egalité, Fraternité", et annonce un "plan Marshall pour les classes populaires, en matière d'éducation, d'emploi, de salaires, de culture et de conscientisation politique".[2]

En mars 2006, Dieudonné se rend au salon de l'agriculture dans le cadre de sa campagne. Il y rencontre notamment la syndicaliste Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, et José Bové. Il y reçoit globalement un bon accueil. Marc George, son directeur de campagne, y fait part de sa proximité en matière de ruralité avec Jean Saint-Josse de Chasse, pêche, nature et traditions.[3]

En octobre 2006, Dieudonné indique qu'il renonce sa candidature à l'élection présidentielle, n'ayant reçu que 200 sur 500 des promesses de parrainages nécessaires, et les banques refusant de lui prêter 1 million d'euros. Il dit alors ne soutenir aucun candidat.[4]

En novembre 2006, présent à la fête des Bleu-blanc-rouge du Front national, Dieudonné dit qu'il "n'appelle pas encore à voter Le Pen", mais qu'il "fait un petit tour".[5] Il déclare par la suite qu'il voterait pour Jean-Marie Le Pen si ce dernier arrivait au second tour de l'élection, afin de "créer une situation révolutionnaire", le FN étant selon lui incapable de pouvoir réunir une majorité parlementaire.[6]

En janvier 2007, Dieudonné reporte son soutien vers José Bové en signant une pétition pour sa candidature. Il pense que la présence de José Bové dans la campagne de l'élection favorisera "débat authentique qu'attendent les Français".[7] José Bové lui refuse cependant son soutien, qu'il qualifie de "manœuvre médiatique".[4]

Malgré son soutien affiché envers José Bové, Dieudonné collabore plutôt avec le Front national. Il leur loue notamment le théâtre de la Main d'or pour que le parti puisse former ses militants à la collecte de signatures d'élus[8], et fait plusieurs apparitions publiques en compagnie de Jean-Marie Le Pen et de sa femme Jany. Cette proximité entre Jean-Marie Le Pen et Dieudonné sert d'ailleurs à des opposants de Jean-Marie Le Pen pour tenter de le discréditer : ainsi, en février 2007, Philippe de Villiers, candidat du Mouvement pour la France, reproche à Le Pen sa rencontre avec Dieudonné, qu'il qualifie de "douteuse".[9]

En mars 2007, lors d'un voyage au Cameroun avec Jany Le Pen, il dit compter inviter dix pygmées en France afin d'interpeller les candidats à l'élection présidentielle sur leur sort.[10]

Le 22 avril 2007, Dieudonné est invité par Jany Le Pen à la soirée électorale du Front national et vient saluer Jean-Marie Le Pen. L'accueil que lui réservent les militants frontistes est mitigé : certains l'applaudissent, d'autres lui crient "Fous le camp".[11] D'après le journal Minute, l'humoriste aurait même été menacé par des hooligans du PSG lors de son apparition à la soirée, mais aurait été sauvé grâce au service d'ordre du FN. Pour la revue antifasciste REFLEXes[12] ainsi que l'écrivain Marc-Édouard Nabe[13], anciennement proche de Dieudonné, Dieudonné aurait plutôt été sauvé grâce à l'aide de Frédéric Chatillon.

En mai 2007, Dieudonné tente d'assister à un meeting de Ségolène Royal au stade Charléty, mais se fait refouler, interpellé par des militants pro-Royal lui reprochant d'avoir soutenu Jean-Marie Le Pen.[14] Il déclare être venu "juste pour voir".[15] Juste après cet incident, il répond à une interview pour le site Internet Les Ogres. Face à la confusion qui règne au sujet du candidat qu'a soutenu Dieudonné à l'élection présidentielle, Dieudonné dément avoir apporté son soutien à Jean-Marie Le Pen, et confirme avoir appelé à voter pour José Bové. Il dit aussi appelle à voter au second tour pour Ségolène Royal, et qu'il avait eu l'intention initiale de l'annoncer au stade Charléty.[16]

Alain Soral et l'élection présidentielle de 2007[modifier]

Alain Soral annonce son ralliement à la candidature de Jean-Marie Le Pen en février 2007.[4]

Soral fait partie de l'équipe de campagne de Jean-Marie Le Pen, dont il est "conseiller spécial".[17] Il est alors l'instigateur d'un discours se voulant social et républicain au sein de la campagne du Front national, et se vante notamment d'avoir écrit le discours de Valmy prononcé par Jean-Marie Le Pen. Lors de la campagne, il lance des déclarations provocatrices visant à rallier l'électorat d'extrême-gauche au FN en déclarant par exemple que "Marx voterait aujourd'hui Le Pen", que le FN "porte l'esprit de la Commune"[18] ou en citant Michel Clouscard afin de légitimer son soutien au FN. Il tente également de rallier l'électorat banlieusard au Front national.[17] Marine Le Pen relativise cependant l'influence qu'aurait Alain Soral sur le président du Front national, et dit qu'il n'a jamais été décideur de la stratégie de Jean-Marie Le Pen lors de la campagne de 2007.[19] Après la défaite de Jean-Marie Le Pen au premier tour, Alain Soral déclare :

Le Pen méritait la France mais je ne suis pas sûr que la France méritait Le Pen[20]

Dans une interview à propos du résultat du premier tour l'élection présidentielle par David Zar-Ayan et Old Nick du site L'Organe, Alain Soral dit qu'il pense que Jacques Chirac aurait été vu comme un politicien de gauche par l'électorat de droite, ce qui aurait fait fuiter une partie de ses électeurs vers le FN en 2002. Ainsi, en 2007, Nicolas Sarkozy aurait fait prendre un tournant bushiste à sa campagne et piqué au programme social du FN, et aurait ainsi réussi à reprendre l'électorat de Jean-Marie Le Pen grâce à cette stratégie. Il pense aussi que la campagne de Nicolas Sarkozy serait financée par les mêmes personnes qui ont financé la campagne de George W. Bush. Pour lui, une des erreurs de stratégie de Jean-Marie Le Pen aurait été de ne pas assez s'attaquer à Nicolas Sarkozy.[21] Dans une interview d'août 2018, Alain Soral met l'élection de Nicolas Sarkozy sur le compte de la "bêtise" de la "petite-bourgeoisie nationale".[22]

Sur Ségolène Royal, Alain Soral dit qu'elle appartiendrait au passé car l'on serait dans une période de "retour du phallus"[21], qu'elle s'inscrirait "dans une longue épopée des idiotes utiles du féminisme" et que sa candidature correspondrait "à une absence de projet autre que sociétal".[18] Finalement, Alain Soral vote pour Ségolène Royal au second tour de l'élection, par opposition à Nicolas Sarkozy.

D'après Alain Soral, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal auraient été des candidats "[imposés] par les puissances médiatiques".[20]

Marc-Édouard Nabe et l'élection présidentielle de 2007[modifier]

En mars 2007, Marc-Édouard Nabe écrit le tract Représente-toi ! à propos de l'élection présidentielle. Dans ce tract, il récuse tous les candidats à l'élection présidentielle et critique particulièrement les deux candidats vedettes Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, tout en mentionnant également François Bayrou et Jean-Marie Le Pen (dont il ne croit pas à la présence au second tour). Il appelle à l'abstention.

Le 6 mai 2007, lors de la soirée du second tour de l'élection présidentielle, Marc-Édouard Nabe est filmé par le site Videodrom.org. Il dit qu'il se "fout" de qui sera élu. Quelques heures avant le résultat de l'élection, Nabe dit n'être "pas complètement persuadé" que Sarkozy gagne., et que Ségolène Royal et le PS le font "gerber", mais dit tout de même que la différence avec Nicolas Sarkozy est que sous Sarkozy la politique internationale sera différente, ce qui serait "grave". Il espère des émeutes le soir du second tour.[23]

Références[modifier]